La femme de tous les rêves

L’idéal masculin, l’idéal féminin, le modèle d’un enfant qui se cherche, d’une personne qui rêve d’aventure. La figure par excellence d’héroïsme, d’altruisme, de courage et d’intelligence : Lara Croft, un nom connu de tous, un jeu qui devient légende. Peu de personnages dans le milieu vidéoludique peuvent prétendre être à la base d’une communauté aussi fidèle, ancienne et passionnée, peu ont connu un succès à ce point fulgurant et continu. Lara Croft est la femme de toutes les hyperboles. Le personnage qui brisa les conventions et les partis pris du milieu vidéo-ludique de la fin du 20e siècle. Au-delà du simple personnage c’est une icône qui est née sous le crayon de Toby Gard.

Lara, pour ceux qui aiment les femmes, est souvent retenue pour ses formes généreuses, ses acrobaties tendancieuses et est considérée comme un sex-symbol à part entière de la culture populaire. Il faut avouer que les développeurs n’ont jamais été les derniers à profiter des passions qu’inspirent une telle femme à celles et ceux qui savent les admirer, les regarder. Cette sexualisation du personnage bien que transparente n’a jamais été exploité au-delà des limites que nous jugerons « convenables », peut-être par respect pour le personnage, peut être aussi parce que si l’on devait définir le personnage de Lara Croft en quelques mots, la résumer à son seul physique serait purement insultant.

Ce sont avant tout des valeurs qui font vivre le personnage, quand certains voient en elle une représentation sexiste de la femme, d’autres y voient un élan libérateur, un nouveau souffle qui balaie les conceptions datées d’une société, les peurs refoulées d’une industrie encore -et toujours dans une certaine mesure- frileuse à l’époque, de se distinguer et d’affirmer la place d’une femme en tant que protagoniste, en tant qu’héro. La beauté du personnage est certes inhérente à la représentation dans l’imaginaire commun que l’on se fait d’elle, mais elle n’explique qu’en partie sa notoriété et l’engouement mondial qui l’entoure.

« Je crois que je vais adorer te rabattre le caquet la star ! »
Lara Croft, TRA

Forte et déterminée

Lara Croft est une femme. Une femme qui n’a besoin de personne pour tracer son chemin et évoluer dans un monde hostile. C’est un électron libre qui canalise la fougue de la jeunesse et la sagesse d’esprit qu’offre l’âge. Voilà pourquoi beaucoup d’entre-nous savent apprécier son personnage comme une peinture qui se dévoile tout en suggestion, parce qu’il nous parle, parce qu’un dialogue s’instaure entre-nous et lui. Il nous inspire des rêves d’aventure, des envies de liberté, des envies d’indépendance. Il enflamme notre imagination. Il s’agit là des vraies raisons qui font d’elle une personne remarquable et inoubliable, elle n’existe pas seulement à l’intérieur d’une logique de divertissement, mais s’est aussi immiscée dans nos vies et les a influencées.

Nous entretenons tous une relation intime et personnelle avec les personnages auxquels nous nous attachons, beaucoup ont grandi avec Lara Croft. Une nouvelle génération de joueurs ont su la découvrir à travers le nouvel opus du jeu. Une Lara moins distante, qui se veut plus humaine, fragile et proche du commun des mortels. Une Lara souvent désapprouvée et désavouée par les plus anciens d’entre-nous. Qu’on l’aime ou qu’on la déteste, qu’on approuve ou non son évolution, elle s’impose toujours comme un pilier dans l’industrie qu’on qualifiera comme celle du nouvel art.

« La chance n’a rien à y voir »
Lara Croft, TRIV

Phénomène

Oui Lara Croft est l’un des seuls personnages du jeu qui réussit à transcender sa condition, elle est partout : dans le cinéma, dans la littérature, dans la bande-dessinée. Elle fait partie intégrante de la culture. Ne dit-on pas de l’art qu’il est culture et générateur de culture ? Pourrait-on s’aventurer à avancer la même chose à propos d’un jeu, d’un personnage ? Au cours de cet article, nous avons souhaité éclairer le personnage à travers son indépendance de caractère et , sa liberté de ton et d’interprétation, elle est, et reste à ce jour une sorte d’allégorie animée d’un monde désireux de liberté, de changement et d’évolution. D’un monde qui est toujours en quête de compréhension. C’est peut-être pour cela, que même sans le vouloir, ses créateurs ont inventé une femme pour toutes les femmes, une femmes pour tous les hommes, une femme qui nous touche, nous marque, nous apprend. Une femme qui, qu’on l’aime ou la déteste, ne peut nous laisser indifférent.